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Le périnée au sein de sa chaîne myofasciale : la ligne profonde antérieure

Bonjour à tous 😊

 

Cet article fait suite à celui de la semaine passée et de la vidéo qui l'accompagne.  Si vous ne l'avez pas encore lu et vu la première vidéo, je vous invite à aller ICI pour mieux comprendre la suite.

 

Dans la première partie, nous avons vu l’importance de la globalité par la compréhension du principe de tenségrité appliquée au vivant: la biotenségrité.

 

Comme vous l'aurez compris, un équilibre des tensions au sein des tissus mous ainsi que des fascias en bonne santé seront la clef pour un corps en équilibre, des articulations déchargées, une respiration libérée, une efficacité dans la transmission des forces pour produire des mouvements fluides et une absence de douleur.   

 

Cet équilibre de tensions dépend aussi 

- des capteurs visuels (muscles oculomoteurs),

- des capteurs au niveau des plantes de pieds,

- du système vestibulaire,

- des capteurs viscéraux,

- des capteurs au niveau de la mâchoire avec les problèmes de malocclusion dentaire  (j'ai oublié la mâchoire pourtant si importante dans la vidéo 😅)

- l'intégration des réflexes archaïques pouvant avoir un impact sur la motricité et donc sur la posture (gros chapitre qui fera l'objet d'un article complet),

- des mécano-récepteurs de Golgi renseignant le cerveau sur la position du corps dans l'espace, ce qu'on appelle la proprioception.  On sait maintenant que ces récepteurs se situent au niveau des fascias et on sait également que les ondulations au niveau des fascias sont importantes.  Des fascias dont les fibres sont plates, lisses suite au manque de mouvements ou à des méthodes d'entraînement n'améliorant pas leurs propriétés élastiques (entraînement uniquement musculaire, trop statique,..) sont moins efficaces dans leurs rôles proprioceptifs.  Il est donc important d'inclure des paramètres d'entraînement qui ont une influence positive sur la viscoélasticité des fascias avec ce fameux rebond (j'en parle aussi dans le premier article).  Avoir une meilleur perception de son corps est capital pour, entre autres, éviter les chutes et les blessures.

 

L'évaluation du fonctionnement de ces différents capteurs révèlent l'état du système postural et relève de la posturologie.  Vous l'aurez compris, c'est complexe et vaste.

 

Il existe une douzaine de chaînes myofasciales principales.  J'utilise les lignes mises en évidence par Thomas Myers.

 

Le périnée fait partie de la chaîne myo-fasciale la plus profonde, la chaîne antérieure profonde (deep front line) qui relie notre crâne à nos voûtes plantaires et est en lien direct avec les viscères et la respiration.  

 

 

Cette ligne est très importante (elles le sont toutes) car les tissus qui la composent et la tension qui y règne assure la suspension des structures profondes de notre corps : la colonne vertébrale et nos organes internes. 

 

Un manque de support, d'équilibre et de tonus correct dans cette chaîne profonde est très commun à cause d'un raccourcissement au sein des tissus myofasciaux empêchant les hanches de s'étendre complètement.  Cela entraîne un raccourcissement de tout le corps, un affaissement de la colonne vertébrale et un périnée qui subit beaucoup de pression.

 

Le diaphragme et le psoas tout comme de nombreuses autres structures importantes,  font partie de la même chaîne et nous allons comprendre comment ils peuvent avoir une influence sur son équilibre et sur le périnée.

 

Le lien entre le périnée et la respiration

 

 

Ce lien est à présent bien connu, la respiration est utilisée en rééducation périnéale et abdominale.

 

Le diaphragme thoracique et le périnée (qu'on appelle aussi diaphragme pelvien)  fonctionnent en synergie lors de la respiration.  A l'inspiration, le diaphragme thoracique s'abaisse ce qui augmente la pression dans la cavité abdominale, le périnée amortit cette pression et s'abaisse également.

 

 

 

Pour que cette synergie puisse avoir lieu, il faut que ces 2 diaphragmes soient alignés.  Si on est trop cambré ou à l'inverse, voûté ou avec une posture asymétrique (une épaule plus basse que l'autre par exemple), il y a une perturbation de cette synergie.  Nous comprenons donc facilement que la posture a un impact direct sur le bon fonctionnement de la respiration et sur le périnée.

 

 

Les femmes qui ont des problèmes de fuites urinaires d’effort et de descente d’organes ont toutes des paramètres respiratoires effondrés.  Il y a donc une relation directe entre les paramètres respiratoires, comme par exemple le peak flow (la vitesse maximale du souffle = débit expiratoire de pointe) et une faiblesse de la sangle abdominale et du périnée.  La mesure de ces paramètres respiratoires fait d’ailleurs partie de la méthode Caufriez pour déterminer l’importance de la faiblesse de la sangle abdominale et du périnée.

 

Diaphragme hypertonique, augmentation de la pression sur le périnée 

 

Nous savons aussi qu’il y a une relation directe entre le tonus du diaphragme et la manière dont les hyperpressions abdominales vont se répercuter.  Cela est assez facile à comprendre.  Un diaphragme très tonique, très rigide n’aura pas la capacité à s’étirer lors d’une hyperpression abdominale.  Celle-ci va donc se répercuter beaucoup plus fort sur le périnée.

 

Quand le diaphragme est tendu, crispé, il maintient son centre en position basse, donc en inspiration.  Cela peut provoquer une sensation désagréable de douleur comme une sensation de noeud et un ventre projeté vers l’avant.  La respiration est réduite, le ventre est poussé vers l'avant et le périnée est surchargé et par conséquence en position basse aussi.  

 

Relation entre le diaphragme et les psoas 

 

 

Ce sont 2 muscles (3 vu qu'il y a 2 psoas, un à gauche et un à droite) un peu particuliers par leur forme et par leur fonction.

Le diaphragme a une forme de parachute et traverse l'abdomen d'avant en arrière et d'un côté à l'autre.

 

Le diaphragme et le psoas ont une partie de leurs insertions intriquées sur le devant des vertèbres lombaires.  Leur crispation peuvent être à l’origine de tensions à ce niveau (lombalgie).

 

Les fascias communs entre ces 2 muscles peuvent former une chaîne de tension : la crispation du diaphragme tend le psoas et la crispation du psoas tend le diaphragme.

 

 

 

Sur les illustrations ci-dessus, les fascias du périnée sont représentés (pour rappel, ils représentent 80 % du périnée).  Il est intéressant d'observer que ces fascias remontent le long de la colonne lombaire et donc très proches de l'insertion des psoas et du diaphragme! Il existe donc une relation étroite entre ces différentes structures.

 

On peut comprendre aisément que les positions assises prolongées vont avoir, entre autres, une répercussion sur les psoas qui auront tendance à se raccourcir.  Des psoas raccourcis entrainent le bassin en antéversion, le périnée perd alors son alignement avec le diaphragme et la synergie entre le périnée et le diaphragme est perturbée.

 

Les psoas réagissent aussi fortement au stress émotionnel, tout comme le diaphragme.

 

Les reins glissent sur les psoas.  En médecine chinoise, les reins sont associés à la peur, à l'anxiété.  Ces émotions ont une action de crispation sur le psoas.

 

Sur l'illustration ci-dessus, on peut observer les répercussions posturales d'une crispation des psoas entraînant le bassin et le ventre vers l'avant. 

 

 

Comment peut-on agir sur l'équilibre de la chaîne antérieure profonde?

 

L’hypotonie de la sangle abdominale, trop de « mauvais abdos » de type crunch, des méthodes d'entraînement ou des activités sportives ne tenant pas compte du fonctionnement biomécanique et physiologique du corps humain (avec cette mode de "No pain, no gain" transformant les gens en "machines"...), des activités professionnelles nécessitant des positions statiques prolongées,... une multitude de causes possibles de perturbation posturale aux conséquences importantes sont à prendre en compte.  La bonne nouvelle, c'est que nous pouvons agir sur la plupart! 

 

Les causes de crispation des psoas et/ou du diaphragme peuvent donc être d'origines posturale, respiratoire, émotionnelle, mais aussi digestive.

 

Une inflammation des intestins par exemple, à cause d’une alimentation non appropriée, a une influence certaine sur les fonctionnement du diaphragme, du psoas et par conséquent du périnée.  L'alimentation a donc aussi des répercussions "mécaniques" car un système digestif enflammé transmet une tension aux structures environnantes par l'intermédiaire des fascias, ce qui peut perturber la posture et la biomécanique.

Il sera donc important d'agir à ce niveau également.

 

Les viscères ont besoin d'être massés, drainés stimulés pour bien fonctionner. Une mauvaise respiration empêche la mobilisation des viscères.  

Quand la respiration est juste, quand le diaphragme a un tonus normal et peut bien se mobiliser et que le tonus de la sangle abdominale est bon, ce massage se fait à chaque respiration.

Une respiration diaphragmatique, sur une base d'autograndissement pour que le diaphragme puis jouer son rôle de piston, permet un drainage, un massage des viscères dans la cavité abdominale et stimule la circulation sanguine et lymphatique.

 

 

Pour que cette respiration soit possible et efficace, il est souvent nécessaire d'agir sur le diaphragme par des manoeuvres de thérapie manuelle pour le détendre.

Les aspirations diaphragmatiques (gymnastique hypopressive) ont également une action de régulation du tonus du diaphragme. 

 

Les origines posturales sont, comme expliqué plus haut, dues principalement (mais pas uniquement) aux mauvaises postures adoptées tout au long de la journée qui bloquent le diaphragme en inspiration donc en position basse. Pensez à vous grandir (mais sans crispation) pour allonger le cylindre abdominal et permettre au diaphragme de jouer son rôle de piston.

 

Les émotions négatives ou le repli sur soi bloquent le diaphragme.  Lorsque nous sommes stressés, pensons à respirer profondément et à évacuer le stress de manière saine plutôt que de le garder et de l'imprimer dans nos fascias.

 

Comme dit plus haut, les psoas peuvent être crispés et tirer le bassin vers l'avant.  La première réaction sera souvent de les étirer mais ce n'est pas toujours une bonne solution.  L'idéal est de lever cette crispation pour qu'ils retrouvent un tonus normal et de leur redonner leur place active dans des mouvements justes et fonctionnels, ce qui va aussi permettre de les drainer. Le travail statique est à éviter au niveau des psoas.  

 

Je parle dans la vidéo de la technique de Jones, un ostéopathe qui a mis au point une méthode de thérapie manuelle d'inhibition dans laquelle le thérapeute trouve les points de tension (tender point) par la palpation et les presse dans une position passive de raccourcissement pendant 90 secondes. 

Vous avez sûrement déjà entendu parler d'auto-massages à l'aide de balles ou de rouleau.  Il est possible de pratiquer des auto-massages des psoas mais vu leur position très profonde, il faut être prudent... 

 

 

Je parle beaucoup du diaphragme et des psoas dans cet article, mais il ne fait bien sûr pas oublier toutes les autres structures qui font partie de cette chaîne antérieure profonde et dont l'état de tension, de crispation aura une influence à un autre étage de la chaîne ou ailleurs dans le corps.

 

Conclusion 

 

Je voudrais à nouveau terminer cet article en insistant sur l'importance du mouvement juste, fonctionnel, prenant en compte la globalité du corps humain et ses fascias.

 

Les positions statiques imposées par notre mode de vie "civilisée" sont la cause de bien des maux...tant au niveau physiologique (tension artérielle, cholestérol, fréquence  cardiaque, surpoids...) que biomécanique.   

 

Il n'y a pas de solutions miracle unique, de trucs et astuces infaillibles et applicables à tous.  Il y a bien sûr toutes les pistes évoquées plus haut mais nous fonctionnons tous de manière différente au niveau biomécanique et quand des troubles sont présents avec des répercussions perturbant la qualité de vie, il est important d'être conseillé intelligemment par des professionnels qui ont conscience de la complexité des paramètres mis en jeu et qui peuvent déterminer des moyens d'action personnalisés.

 

Pour en revenir au périnée, comme je l'ai déjà dit de nombreuses fois dans différents articles, s’occuper du périnée seul avec des exercices de contraction analytique ne sera pas suffisant pour avoir des résultats satisfaisant à long terme.  Il est nécessaire d’améliorer d’autres paramètres, posturaux, respiratoires, émotionnels et alimentaires (+ importance de l'hydratation) pour agir en profondeur et obtenir de réels résultats.

 

Voici le lien de la vidéo tournée avec Séverine Jacinto 😊

N'hésitez pas à partager si vous pensez que cet article peut être utile à votre entourage! 

 

Psoas, le grand oublié (quand on parle de périnée aussi)

 

 

 

Emmanuelle Gomez - Kiné, Nutrithérapeute et Coach sportive

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